12.08.2017, 00:01  

Nouvelle découverte historique à Don Bosco

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Nouvelle découverte historique à Don Bosco

 11.08.2017, 23:28   Nouvelle découverte historique à Don Bosco

Par Noémie fournier

Une jeune fille enterrée en 600 avant J.-C. a été découverte sur le site archéologique de Don Bosco, à Sion.

Au fond de la fosse, les pendentifs dorés contrastent avec le foncé de la terre. La découverte souligne une fois de plus le caractère extraordinaire du site archéologique de Don Bosco. A quelques mètres de la tombe désormais vacante du guerrier de Don Bosco découverte en avril dernier, les archéologues ont cette fois vraisemblablement mis au jour la sépulture...

Au fond de la fosse, les pendentifs dorés contrastent avec le foncé de la terre. La découverte souligne une fois de plus le caractère extraordinaire du site archéologique de Don Bosco. A quelques mètres de la tombe désormais vacante du guerrier de Don Bosco découverte en avril dernier, les archéologues ont cette fois vraisemblablement mis au jour la sépulture d’une jeune fille enterrée vers 600 avant J.-C.

La défunte ensevelie là il y a plus de 2500 ans est ornée d’un collier en or, symbole d’un statut social particulièrement élevé. Sur les 130 tombes fouillées sur le site, seules quatre contenaient ce précieux métal.

Leur redonner la parole

C’est une nouvelle fois l’archéologue Flamur Dalloshi qui est à l’origine de la trouvaille. «On présume que c’est une femme car il y a beaucoup de points communs avec la tombe 18, fouillée en 2008, qui contenait aussi un collier du même type. Mais peut-être que l’on se trompe, tout comme le guerrier peut s’avérer être une guerrière», s’amuse-t-il, encore bien loin de se lasser de faire de pareilles découvertes. «Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il y a 3000 ans, un groupe de personnes a décidé d’honorer la mémoire d’un défunt de la manière la plus noble possible, avec des objets de grande valeur. Tout cela pour l’accompagner dans son dernier voyage. Aujourd’hui, on peut dire qu’ils ont réussi leur hommage car nous leur redonnons la parole une nouvelle fois.» Il s’émeut.

Jeune fille de 16 à 20 ans

Aux spécialistes désormais d’essayer de raconter l’histoire et le destin de ces personnes enfouies sous nos pieds depuis des siècles. «Les molaires ont l’air fraîches, je pense qu’elle devait avoir entre 16 et 20 ans, précise François Mariéthoz. Retrouver le bourgeon de la troisième molaire pourrait confirmer cette supposition.»

Enterré dans un cercueil de bois, le squelette est orné d’un collier de petites perles et douze pendentifs en or. Quatre bracelets habillent ses poignets, deux sont en bois fossilisé et les deux autres en bronze. «Ces rites funéraires étaient réservés à l’élite», poursuit François Mariéthoz. «Tout comme le guerrier 200 ans avant elle, elle devait faire partie de la haute société. Ils étaient d’illustres personnages et c’est émouvant de voir qu’aujourd’hui ils font la une des journaux», ajoute Flamur Dalloshi.

Une référence en Europe

Pour les deux confrères, cette découverte ne fait que «confirmer ce que l’on savait déjà: Don Bosco est un site extraordinaire», lâche François Mariéthoz. «Ce sera une référence européenne pour l’époque du fer», ajoute son collègue.

Quant à la localisation générale du site, les deux experts la justifient par le passage à cet endroit d’une voie de circulation entre Sion et Saint-Léonard. «Placer des nécropoles aux abords des routes permettait de montrer le statut de la population ou du moins de son élite. Les monuments le long des voies commerciales sont vraiment typiques de l’âge du fer», indique François Mariéthoz, avant d’ajouter que si la coutume en Allemagne était d’ériger un grand monument pour des centaines de défunts, nos ancêtres préféraient posséder chacun leur petit édifice.

Habité par de nombreuses tombes contemporaines à la découverte du jour, il est intéressant de remarquer que Don Bosco n’abrite aucune tombe pendant près de mille ans, entre 400 avant J.-C. et 600 après. «La fonction de cimetière du site est probablement abandonnée pendant ce laps de temps, avant d’être retrouvée, nous ne savons pas pourquoi, au Moyen Age», précise l’archéologue.

Dix siècles plus tard, les tombes médiévales viennent ainsi se poser sur celles des aïeux.

Travaux bientôt terminés

Les huit archéologues et anthropologues qui s’affairent sur le site traversent ainsi tous les âges.

Ils ont, normalement, jusqu’à la fin du mois de septembre pour poursuivre l’étude de Don Bosco avant que ses mystères, du moins ceux qui restent, soient de nouveau enfouis sous une couche d’histoire.


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