19.06.2017, 00:01  

Une Saint-Jean en mains vikings

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A douze contre douze, les  vikings  ont plongé Martigny dans le Moyen Age, en se livrant plusieurs combats à l’arme blanche.

 18.06.2017, 23:55   Une Saint-Jean en mains vikings

Cinquante combattants férus de Moyen Age se sont affrontés devant le château de la Bâtiaz. Et derrière ce qui ressemble à un jeu se cache en fait une véritable discipline.

Haches et épées braquées vers le ciel, douze vikings s’avancent en direction d’autant de soldats tout droit sortis du Moyen Age. Le pas est lent, jusqu’à ce que les armes s’affolent. De puissants bruits d’acier retentissent alors sur le parvis du château de la Bâtiaz. Un à un, les guerriers s’écroulent dans les copeaux d’une arène de trente mètres...

Haches et épées braquées vers le ciel, douze vikings s’avancent en direction d’autant de soldats tout droit sortis du Moyen Age. Le pas est lent, jusqu’à ce que les armes s’affolent. De puissants bruits d’acier retentissent alors sur le parvis du château de la Bâtiaz. Un à un, les guerriers s’écroulent dans les copeaux d’une arène de trente mètres carrés. Et rebelotte.

Milieu ultra condifentiel

Samedi dernier à Martigny, la fête de la Saint-Jean a rimé avec vikings. Cinquante combattants ont échangé des coups violents, «mais précis et fair-play», tempère Thorfid. Cet Alsacien parcourt régulièrement l’Europe pour s’adonner à sa passion: la reconstitution historique.

Avec son groupe des Odin Følgesvenner, il s’entraîne chaque semaine. Car malgré les apparences, les salves ne sont pas portées au hasard, mais savamment étudiées. «Nous faisons tout pour coller à la réalité de l’époque. C’est ce qui nous distancie des combats grandeur nature», complète Iping, une Fribourgeoise sur la même ligne que son collègue français.

La jeune femme fait partie du cercle martignerain Les Gardiens du fleuve. Ce groupe viking - coorganisateur de la journée avec l’association du château de la Bâtiaz - est composé de membres d’autres cantons, quand bien même il ne rassemble que dix personnes.

La reconstitution historique évolue dans un milieu confidentiel. En Suisse comme en France. «A Strasbourg aussi, nous ne sommes que vingt actifs, indique Thorfid. Il n’y a qu’à l’ouest de la France, en Bretagne et en Normandie, que l’activité est développée». Un problème de réputation? «C’est vrai que ceux qui ne sont pas du milieu nous prennent souvent pour des fous. Nos amis aussi, avant qu’on s’en explique. On aime s’envoyer des coups, mais c’est aussi autre chose.»

Boycott de la machine à coudre

Les reconstitutions historiques sont avant tout une affaire de temps et de précision. Une passion plus qu’un hobby, tant l’activité est exigeante. En plus des entraînements hebdomadaires, les férus d’époque moyenâgeuse confectionnent une grande partie de leur tenue. «Et comme nous boycottons la machine à coudre, nous accordons une large place à notre passion, confie Alrik, des «Gardiens du fleuve»,

Transformer un rouleau de fil de fer en une cotte de mailles nécessite 300 heures de travail. Coudre une tunique à la main, plusieurs soirées. Sans compter l’investissement financier: plus de mille francs pour un équipement complet.

Mais on est viking ou on ne l’est pas. Mécanicien, décorateur d’intérieur, ingénieur agronome ou bijoutier, les «Gardiens du fleuve» s’investissent à fond. Et se tiennent à jour. «On pourrait croire que l’on connaît tout de l’âge viking, mais des archéologues font régulièrement des découvertes qui chamboulent nos habitudes. C’est une science vivante», s’emballe Iping.

Une philosophie de vie

Pour cette éducatrice spécialisée, le médiévisme est une philosophie de vie. Proche de la nature et des animaux, elle cultive son jardin et essaie de cuisiner traditionnellement, «mais avec des plaques de cuisson», sourit-elle. «Même passionnés d’histoire, on doit vivre avec notre temps».

Ce qui ne va pas forcément de soi partout. «En Pologne, où sont organisés des combats à 400 contre 400, les femmes ne sont admises que dans les cuisines. J’espère que cela changera», lâche celle qui a pris les armes samedi, malgré une douleur aux côtes.

Thorfid s’adonne également corps et âme à sa passion. «J’aime voyager pour participer à des combats ou acheter des accessoires. Les discussions avec les artisans sont aussi très enrichissantes».

Sept jours d’avance, à cause des Cinq continents

La Saint-Jean, fête païenne christianisée au Moyen Age, se veut la célébration du solstice d’été. Elle a lieu le 24 juin, soit ce samedi.

A Martigny, pour qu’elle ne subisse pas la concurrence des Cinq continents, ses organisateurs l’ont avancée d’une semaine. L’été est ainsi déjà lancé.

500 spectateurs

Les organisateurs espéraient la venue de mille curieux pour leur événement budgétisé à 20 000 francs.

Ils ne sont finalement que 500 à s’être déplacés pour cette première édition de la Saint-Jean depuis plusieurs années. «Mais le public présent a apprécié et est resté longtemps alors ce n’est pas si grave», commente Benoît Pouguet, l’intendant du château. RC


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