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Glacier sous surveillance

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 11.10.2017, 23:50   Glacier sous surveillance

Par dimitri.mathey@lenouvelliste.ch / photos dominic Steinmann/keystone

ALETSCH Le glissement de terrain de l’an dernier se stabilise peu à peu, mais le risque sur l’ensemble de la zone reste toujours élevé.

V Un an après le glissement de terrain de Moosfluh sur la rive gauche du glacier d’Aletsch, la surveillance de la zone reste accrue. «Un observateur se rend tous les jours sur le terrain», note le géologue cantonal, Raphaël Mayoraz. Nous disposons également d’un réseau d’antennes GPS, de géophones et de trois webcams que l’on pose à double pour...

V Un an après le glissement de terrain de Moosfluh sur la rive gauche du glacier d’Aletsch, la surveillance de la zone reste accrue. «Un observateur se rend tous les jours sur le terrain», note le géologue cantonal, Raphaël Mayoraz. Nous disposons également d’un réseau d’antennes GPS, de géophones et de trois webcams que l’on pose à double pour assurer le maintien de la surveillance.» Un bilan de la vitesse de glissement est également dressé quotidiennement. Les données indiquent que la masse en mouvement se stabilise peu à peu. Sur la crête de Moosfluh, elle est passée de 20 centimètres en octobre 2016 à 0,5 centimètre par jour aujourd’hui. «D’un point de vue géologique, ces vitesses restent importantes, surtout vers la partie basse (ndlr: le mouvement dépasse les 20 centimètres par jour et engendre des écroulements ponctuels). Par rapport à l’année dernière, on passe d’une grosse à une petite crise», nuance le géologue.

La lente stabilisation des masses en mouvement n’implique pas une diminution des risques. «Les dangers sont les mêmes que l’année passée», prévient Raphaël Mayoraz. L’accès au secteur en mouvement est d’ailleurs toujours interdit. «Tous les endroits qui se sont déstabilisés restent localement instables», poursuit le géologue cantonal.

À noter qu’en dehors des sentiers pédestres, aucune infrastructure n’est menacée par des glissements de terrain. «C’est un laboratoire pour les scientifiques», résume Mario Sartori.

Si selon Raphaël Mayoraz, l’évolution de la situation la plus vraisemblable est celle de «chutes de blocs, les uns après les autres», il n’empêche que ce dernier a envisagé plusieurs scénarios. Pour le meilleur comme pour le pire. Dans l’éventualité – peu probable – où l’hypothèse la plus catastrophique se réalisait, un volume de roches oscillant entre 160 et 200 millions de mètres cubes pourrait se libérer.

«Mais même dans ce cas précis, l’avalanche rocheuse n’atteindrait pas le barrage de Gebidem (ndlr: placé sur le torrent de la Massa). C’est une simulation rassurante», conclut le géologue cantonal.

Si les mouvements du mois d’octobre 2016 se sont passablement amenuisés – 20 centimètres par jour sur la crête de Moosfluh (contre 0,5 aujourd’hui) et 70 centimètres pour la base (contre 20 aujourd’hui) – il reste difficile de faire des projections sur le long terme. «Il se pourrait qu’il y ait des périodes de crise plus ou moins intenses», relève Mario Sartori, chargé de cours de géologie à l’Université de Genève.


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