12.10.2017, 00:01  

Phénomène de précocité, elle malmène les adultes

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Fanny Doutaz, une très jeune fille déjà plongée dans le milieu sportif des adultes.

 11.10.2017, 23:49   Phénomène de précocité, elle malmène les adultes

Par christophe.spahr@lenouvelliste.ch

TENNIS DE TABLE Fanny Doutaz n’a que 11 ans. La Genevoise est la plus jeune joueuse à évoluer en LNB. C’est avec Grône qu’elle laisse parler son talent face à des joueuses bien plus expérimentées et puissantes.

Fanny Doutaz, 11 ans dans deux mois, est d’abord une fille de son âge. Un rien insouciante, plutôt timide. Fanny Doutaz, c’est aussi une – jeune – joueuse de tennis de table qui maîtrise son sport sur le bout de la raquette. Ou presque. En Suisse, la Genevoise a déjà fait le vide parmi les adversaires de sa...

Fanny Doutaz, 11 ans dans deux mois, est d’abord une fille de son âge. Un rien insouciante, plutôt timide. Fanny Doutaz, c’est aussi une – jeune – joueuse de tennis de table qui maîtrise son sport sur le bout de la raquette. Ou presque. En Suisse, la Genevoise a déjà fait le vide parmi les adversaires de sa génération. Il n’y en a aucune qui lui résiste. Mieux. En dépit de ses 148 centimètres et de ses 30 kilos, de son inexpérience, il faut la voir bousculer des adultes qui tapent dans la balle depuis des décennies et qui figurent parmi les meilleures joueuses du pays. «En Suisse, elle est numéro 1 chez les U13 et chez les U15, expliquent ses parents, Annick et Cédric Doutaz. Sinon, toutes catégories d’âge confondues, elle est 119e dans notre pays.»

un jeu atypique

A bientôt 11 ans, donc. Voilà qui situe le niveau de ce petit phénomène que d’aucuns, déjà, surnomment la «Roger Federer du tennis». «Non, rigole son papa. Je n’ose pas la comparer à ce mythe du sport international. En outre, nous sommes parfaitement conscients, elle aussi, qu’elle ne pourra jamais vivre de son sport. Par contre, elle est extrêmement motivée; elle a une grande facilité. Techniquement, son jeu est atypique. Les femmes jouent proche de la table, en rythme. Fanny, elle, met beaucoup de rotations dans sa balle. Elle profite de sa puissance pour attaquer.»

La jeune Genevoise acquiesce. Elle est une attaquante qui adore prendre l’initiative. «Mon point fort, c’est le coup droit. Je peux diriger l’échange. Je n’aime pas jouer en rythme; je préfère varier les effets.»

Quatre générations de pongistes

Pascal Giroud, président du CCT Grône et président de la ligue nationale, ne tarit pas d’éloges à propos de son renfort en LNB. «Elle est tellement rapide. Franchement, elle joue aussi bien que ma femme (ndlr: Michèle) qui est numéro 3 en Suisse chez les seniors. Sa technique est parfaite. Depuis trente-six ans que je suis dans le milieu, je n’avais jamais vu une joueuse aussi précoce et aussi talentueuse. Pour la Suisse, c’est unique. Dans deux ans, je la vois déjà numéro 1 dans notre pays, tous âges confondus.»

Fanny Doutaz est quasiment tombée sur la table toute petite. Remarquez qu’elle a de qui tenir. Des gènes qui devaient fatalement l’amener, un jour ou l’autre, à prendre une raquette entre les mains. «Fanny, c’est la quatrième génération de pongistes dans la famille, relève Cédric Doutaz, son papa, accessoirement aussi responsable jeunesse du CCT Châtelaine. Il y a eu mon grand-père, mon papa et moi-même. Elle s’y est mise à 4 ans, gentiment puisque sa taille ne lui permettait pas d’accéder à la table.»

Quand bien même elle fréquente encore l’école primaire, la Genevoise profite déjà de la structure sport-études. En fait, elle bénéficie d’allégements scolaires entre deux et quatre heures par semaine durant lesquelles elle s’entraîne individuellement au côté de son entraîneur. Enfin, de l’un de ses quatre coachs puisque, outre Laurent Langel, elle est suivie par un entraîneur de club, un autre du cadre genevois et un autre, encore, du cadre national de la relève. «Entre les tournois en Suisse et à l’étranger, le championnat en LNB avec Grône et les entraînements, elle est occupée tous les week-ends. De toute façon, elle a une séance tous les jours, entre 1 h 30 et 2 h 30.»

L’étranger, un passage bientôt obligé

Fanny Doutaz sait déjà que pour progresser, elle devra quitter très vite son petit nid douillet et l’environnement familial. «D’ici à deux ou trois ans, elle devra rejoindre un club en France voisine afin de se confronter à des filles de son âge et de son niveau.»

Son rêve? Il est tout tracé même si le Chemin, compte tenu de son très jeune âge, est encore long. «Les Jeux olympiques, précise-t-elle. Mais dans l’immédiat, j’espère gagner les championnats de Suisse U13.»

Un jeune renfort pour Grône

En quête d’une joueuse pour étoffer son contingent en LNB, Pascal Giroud a eu écho de ce jeune prodige. «Je ne l’avais jamais vue jouer mais je ne suis pas déçu, sourit-il. Je suis très fier qu’elle ait fait ses débuts, à ce niveau, chez nous.» Face à Berthoud, elle a remporté deux matchs en simple.

«A Genève, il n’y a pas de club féminin en ligue nationale, précise Cédric Doutaz, son papa. Quand Pascal Giroud m’a parlé de ce projet, nous avons adhéré. C’est un joli défi pour elle, l’occasion d’affronter des femmes.»


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