19.06.2017, 00:01  

Une ruche d’altitude

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Par texte bernard pichon photos BP et dr

Mexico Parachutage sur une capitale surdimensionnée.

«Ménagez votre souffle!» recommande d’emblée le douanier à l’aéroport (2400 mètres, soit l’altitude de Saas-Fee). Le malaise ne viendrait-il pas plutôt de ce champignon de pollution dont le hublot nous a réservé la primeur avant l’atterrissage, celui-là même qui constitue l’intarissable sujet de conversation des capitalinos (habitants de Mexico), à en croire la guide? Elle lance un cordial:...

«Ménagez votre souffle!» recommande d’emblée le douanier à l’aéroport (2400 mètres, soit l’altitude de Saas-Fee). Le malaise ne viendrait-il pas plutôt de ce champignon de pollution dont le hublot nous a réservé la primeur avant l’atterrissage, celui-là même qui constitue l’intarissable sujet de conversation des capitalinos (habitants de Mexico), à en croire la guide? Elle lance un cordial: «Bienvenue au DF!»

DF pour Département de la Fumée? Non: District Fédéral, puisque c’est ainsi qu’il faut appeler l’entité fédérative qui constitue la capitale du Mexique, fantasme mégalo de quelques rois aztèques, il y a 800 ans. Elle ne gagnera officiellement son titre de municipalité qu’à la fin 2017. Difficile d’en évaluer précisément la population: 9 millions? Vingt-deux millions, si l’on inclut toute la zone métropolitaine de la vallée de Mexico? Quand on aime, on ne compte pas. Et on ne tarde pas à aimer.

Bien sûr, on est d’abord étourdi par les dimensions de cette mégapole tentaculaire, étirée jusque sur les bords de sa cuvette. Le taxi tente de s’imposer dans des embarras quasi endémiques. Idéal pour prendre ses premiers repères. On traverse des zones si vastes que chacune pourrait constituer une ville en soi. En longeant l’avenue Amsterdam bordée de palmiers, on se dit déjà qu’il faudra explorer ce fabuleux quartier Art déco appelé Colonia Condesa, sorte d’oasis bobo hipster.

Chez Frida

Plus loin, au fief bourgeois de Coyoacán: «Vous voyez cette maison bleue? C’est celle de Frida Kahlo, la célèbre artiste aux sourcils rapprochés dont vous verrez partout le portrait.» On songe au Mexico des années 1930-1940, alors terre d’immigration où, de Trotski à Fidel Castro, on venait se mettre à l’abri (en vain, pour le théoricien de la révolution permanente – par ailleurs amant de Frida – assassiné chez lui par des agents russes).

Mexico mériterait-elle sa réputation de dangerosité? «Plus du tout. C’est l’une des villes les plus sûres du pays, et nous en sommes fiers. Moi-même, en tant que femme, je n’hésite pas à marcher seule, de nuit, dans le centre. Bien sûr, je n’irais pas n’importe où…»

C’est au centre historique, justement, que convergent sans surprise tous les itinéraires vers les musées (pas celui d’anthropologie, incontournable, dans le quartier de Polanco). L’essentiel du patrimoine architectural se photographie autour du Zócalo (place de la Constitution, l’une des plus grandes et des plus anciennes du monde).

On dirait que l’impressionnante cathédrale penche un peu. Serait-ce l’effet de la tequila? «Non, elle est construite sur un sol instable. On a injecté des tonnes de béton pour la stabiliser... jusqu’au prochain tremblement de terre!»

Le saint des saints

Impensable de venir jusqu’à Mexico sans visiter la Guadalupe, sanctuaire iconique d’une religiosité mexicaine fortement teintée de traditions et superstitions.

Deux églises: d’abord l’Insigne, toute de guingois, datant de l’époque coloniale, puis la basilique moderne, qui recèle une tunique sacrée datant de 1531, objet de toutes les dévotions.

Principal intérêt du site: le point de vue qu’il offre sur la ville, idéal pour organiser la suite d’une visite qui inclura forcément Xochimilco, un réseau de canaux étroits où flottent des centaines de barques transformées en cuisines, en tribunes de mariachis ou en tables à pique-nique, dans un délire coloré.

Dans les environs

A moins de 50 kilomètres de Mexico, deux excursions au moins valent le détour. D’un côté, le Museo nacional de Virreinato un régal pour les amateurs de baroque et d’art colonial, articulé autour de trois patios aux orangers centenaires. De l’autre, les colossales pyramides de Teotihuacan, à l’échelle des divinités qu’elles évoquent: la Lune et le Soleil. Edifiées bien avant les Aztèques (entre 150 et 550), ces derniers les croyaient conçues par les dieux. De fait, on prend conscience de la taille de ces constructions en tentant de les escalader pour contempler l’esplanade qui les sépare, réduisant les touristes à la dimension de fourmis. Inutile de dire qu’un voile de mystères enveloppe ce site d’exception, légitimement classé par l’UNESCO.


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