12.08.2017, 00:01  

De l’ombre à la lumière des stars

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Olivier Vocat sur le plancher de la Ferme-Asile, la où la magie de la musique prendra vie dès le 18 août.

 11.08.2017, 23:28   De l’ombre à la lumière des stars

SION FESTIVAL Directeur général du festival sédunois, Olivier Vocat compte cette année 40 ans d’engagement culturel, des Caves du Manoir au prestige du classique.

Il ne se met jamais en avant, Olivier Vocat, avocat-notaire de la place martigneraine aux penchants philanthropiques et culturels plus qu’affirmés. Lors du Sion Festival, on le voit souvent assister en fond de salle, en mélomane discret, aux répétitions la journée, totalement happé par la magie des notes. «J’appelle des gens, des proches, pour leur dire de venir dans...

Il ne se met jamais en avant, Olivier Vocat, avocat-notaire de la place martigneraine aux penchants philanthropiques et culturels plus qu’affirmés. Lors du Sion Festival, on le voit souvent assister en fond de salle, en mélomane discret, aux répétitions la journée, totalement happé par la magie des notes. «J’appelle des gens, des proches, pour leur dire de venir dans ces moments-là, juste pour partager», explique-t-il dans la grange de la Ferme-Asile, alors que, derrière lui, les ouvriers s’affairent et les gradins se montent. Là même où dans quelques jours s’ouvrira la flamboyante quinzaine classique sédunoise, accueillant des stars du niveau de Janine Jansen, Gidon Kremer ou les sœurs Labèque.

Inventivité et continuité

A ce stade, l’homme qui se dit volontiers «perfectionniste anxieux» est plutôt serein. «C’est la cinquième édition. On s’est habitué à passer d’un lieu à l’autre, de Valère à la Ferme. Les choses roulent bien...» Avec le directeur artistique et maître violoniste Pavel Vernikov, avec la présidente du conseil Chantal Balet, avec toute l’équipe qui œuvre de concert depuis cinq ans, Olivier Vocat est parvenu à insuffler un esprit jeune et décomplexé au Sion Festival, sans rien renier de la grande tradition qui habite la capitale valaisanne depuis les années Tibor Varga. «On parle de Paléo, 42 ans, du Montreux Jazz, 51ans, mais à Sion, nous avons 53ans d’histoire, ça n’est pas rien non plus», sourit malicieusement le directeur général, conscient de devoir «lutter» à armes budgétaires inégales face aux poids lourds de l’été culturel. A titre de comparaison, Le Sion Festival tourne avec un budget de près d’un million de francs, huit fois moins que son grand frère de Verbier.

Mais accomplir beaucoup avec peu, Olivier Vocat a appris à le faire très tôt dans son parcours. Dès la fondation des Caves du Manoir en 1977 dont il fut l’une des chevilles ouvrières des origines à 1994. La racine d’un engagement pour la culture qui dure depuis quarante ans. «J’ai commencé à travailler aux Caves comme technicien. J’étais passionné de hi-fi, de prise de son, je faisais la sono, les lumières.» Et il profitait de ses compétences pour enregistrer les performances des artistes sur un enregistreur Nagra à bandes. «Au concert de Léo Ferré, le Nagra s’est bloqué après une chanson, se souvient-il. C’est pas plus mal, le souvenir n’en est que plus fort.» Un souvenir parmi des centaines d’autres. Jusqu’à ce que le refus d’un projet d’agrandissement très avancé des Caves du Manoir ne s’enlise au niveau politique. «L’équipe originelle s’est arrêtée après ça. Ça a été une grande frustration. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à retourner aux Caves», souffle Olivier Vocat.

Un engagement comme vocation

Outre ses activités professionnelles et auprès du Sion Festival, Olivier Vocat est encore président de la Fondation Louis MoretMartigny, vice-président de l’association des Amis du Conservatoire cantonal Sion, délégué général de la Fondation Sion Violon Musique. Un engagement constant qui tient de la vocation et certainement né sous les voûtes du club martignerain. «A l’époque comme aujourd’hui, je crois que c’est la rencontre qui me motive», souligne-t-il. Il cite les grands artistes venus au Sion Festival, leur humilité, Kremer, Jansen, d’autres. Et toujours cette longueur d’onde partagée avec Pavel Vernikov. «Il y a une vraie connexion entre nous. Il vaut mieux, car je dois me charger de faire passer dans le réel les idées parfois dingues de Pavel. Un sacré challenge», rit-il encore.

Des rencontres, il y en aura dans cette toute prochaine édition du Sion Festival. Olivier Vocat se réjouit d’entendre la soprano italienne Roberta Invernizzi (19 août), et aussi de faire découvrir au public – au-delà des maîtres incontestés Kremer et Janson – la violoniste norvégienne Vilde Frang. «Elle fera halte à Sion entre le Festival de Salzbourg et la Philharmonie de Paris, pour situer le niveau...» De nouveau, le directeur général s’efface derrière les artistes. La marque de fabrique d’un passionné désintéressé qui, aujourd’hui encore, préfère l’ombre à la lumière.


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