19.06.2017, 23:08

Avec Movin’On, Michelin rêve d’un «Davos de la mobilité»

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Le salon Movin’On veut répondre aux contraintes de la pollution et des embouteillages de demain.

 19.06.2017, 23:08 Avec Movin’On, Michelin rêve d’un «Davos de la mobilité»

Par Emmanuel Egloff

Plus de 4000 participants se sont réunis à Montréal, au Québec, pour imaginer la mobilité urbaine de demain.

En ce mois de juin, le monde de la mobilité s’était donné rendez-vous sur les bords du fleuve Saint-Laurent, à Montréal. De nombreuses start-up qui travaillent sur l’intelligence artificielle, la pile à combustible ou le vélo électrique, étaient présentes. Tout comme des sociétés technologiques ou de grands groupes industriels venus en masse.

Les constructeurs automobiles sont finalement assez peu...

En ce mois de juin, le monde de la mobilité s’était donné rendez-vous sur les bords du fleuve Saint-Laurent, à Montréal. De nombreuses start-up qui travaillent sur l’intelligence artificielle, la pile à combustible ou le vélo électrique, étaient présentes. Tout comme des sociétés technologiques ou de grands groupes industriels venus en masse.

Les constructeurs automobiles sont finalement assez peu représentés. Et c’est sans doute une volonté de l’organisateur, qui veut montrer que la mobilité de demain ne concernera pas que les constructeurs traditionnels, mais un écosystème bien plus large.

Prendre plus d’ampleur

Un organisateur qui connaît bien les constructeurs automobiles, mais également de nombreux acteurs de ce secteur de la mobilité au sens large, puisqu’il s’agit de Michelin. L’événement existe depuis près de vingt ans, mais sous le nom de Challenge Bibendum.

D’abord centrée sur les évolutions du monde de l’automobile, cette manifestation s’est étendue à l’ensemble de la mobilité depuis les deux dernières éditions, à Berlin, en 2011, et Chengdu, en 2014. Celle de 2017 marque une nouvelle étape avec ce changement de nom. La volonté est clairement de lui permettre de prendre plus d’ampleur, pour en faire le sommet de référence de la mobilité, une sorte de «Davos de la mobilité», référence murmurée en interne.

Impossible sans les villes

«Le Challenge Bibendum était sans doute trop lié à Michelin, ce qui ne laissait pas forcément beaucoup de place pour les autres», concède Jean-Dominique Senard, président de Michelin. Pour autant, le groupe de Clermont-Ferrand ne se cache pas, puisque le nom officiel de l’événement est «Movin’On by Michelin», et compte bien rester aux manettes de l’organisation, même s’il recherche également des partenaires.

Les chiffres montrent que Movin’On a déjà une réelle importance. Plus de 4000 participants issus de 31 pays se sont ainsi rencontrés à Montréal. Michelin revendique 108 partenaires, dont six instituts de recherche, trois universités et quatre gouvernements. C’est ce type d’acteurs – et plus particulièrement les municipalités – qui donne son originalité et son intérêt à Movin’On.

«Les municipalités s’intéressent beaucoup à la mobilité car elles sont concernées en premier lieu par les contraintes de la pollution et de la congestion, tout en devant assurer à leurs administrés de pouvoir se déplacer», explique Rémi Cornubert, spécialiste automobile chez AT Kearney. Jean-Dominique Senard va plus loin en affirmant ne pas croire que «la mobilité de demain puisse s’organiser sans la puissance publique, sans quoi ce sera le chaos».

Démythifier certains sujets

Pour rendre Movin’On incontournable, il faudra donc attirer plus de grandes municipalités et autres collectivités publiques. En venant à Montréal, les dirigeants de Michelin semblent avoir misé sur le bon emplacement. Denis Coderre, le maire de Montréal, est venu expliquer aux conférenciers que «l’ensemble des problèmes et des solutions se trouvent à l’intérieur des villes», et, surtout, que ces solutions ne doivent pas «se faire au détriment de qui que ce soit».

Un credo défendu par Michelin, qui cherche à démythifier certains sujets. En ligne de mire, sans doute, le rejet du diesel, sans oublier les émissions polluantes réelles, ou la défiance envers la voiture individuelle de certaines municipalités. Denis Coderre, également président de Metropolis, l’association des villes de plus d’un million d’habitants, semble la bonne personne pour évangéliser ses pairs.

La prochaine édition de Movin’On aura d’ailleurs également lieu à Montréal, en 2018. Une fidélité à un lieu et une périodicité qui n’est pas sans rappeler un événement économique d’ampleur mondiale qui se tient tous les ans dans une station de ski suisse. Le Figaro


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