Vinnie Jones “serrant” Paul Gascoigne… Laurent Fignon, un vrai bad boy, un grand Monsieur. DR
Les bads boys ou mauvais garçons, c’est une denrée essentielle du cinéma, et pas seulement dans le film éponyme de Michael Bay avec Will Smith. Dans le sport aussi. Vous vous rappelez Gentile à la Juventus? Et Materrazi avec Zidane? Et Cantona en Kung Fu panda? Sans oublier Vinnie Jones, le gars qui a le plus tâclé au niveau de la carotide dans le championnat anglais des années 90? Paul Gascoigne, la grande vedette d’alors, raconta un jour : « Il s’est approché de moi pour me dire : « Je m’appelle Vinnie Jones, je suis un gitan, je gagne beaucoup de fric et je vais t’arracher l’oreille avec les dents puis tout recracher dans l’herbe. Tu es seul mon gros, tout seul avec moi!» » Un marquage à la culotte qui s’était terminé (les images ont fait le tour du monde) par un broyage formidable – et à la main s’il vous plaît ! – des parties du pauvre Paul… En cyclisme, des « tronches », il y en a toujours eu. Hinault faisant le coup de poing, Abdujaparov balançant ses adversaires dans les sprints. Et Laurent Fignon, flinguant ses concurrents face caméra avec une acidité brillante. Il nous manquera Fignon, parti cette semaine des suites d’un cancer qu’il a défié jusqu’au bout, coanimant encore les retransmissions du Tour cet été sur France Télévision malgré une voix brisée par la maladie. Il fut encore le seul, alors que tout le monde sa gargarisait du pseudo duel entre Schleck et Contador, à pointer le manque de courage et de panache de ces champions trop pressés de signer l’armistice. Laurent Fignon, je l’ai souvent rencontré sur le Tour. Je ne crois pas qu’il m’ait jamais lâché un commentaire plat ou convenu. C’était de la nitroglycérine. De l’agressif. Du « lourd ». Mais toujours pertinent, intelligent, drôle. Oh oui, il va beaucoup manquer dans ce milieu de béni-oui-oui.
Avec quoi rimera Jean-François le 22 septembre à Berne? DR
Jean-François, dixit les spécialistes des prénoms, est un rationnel et un analytique déterminé, un fondu de réflexion sur les grands dossiers, intuitif, parfois mystique, stable, sérieux, chaleureux, maîtrisant la communication, avec un capacité guerrière qui n’a d’égale que son pouvoir de séduction. L’astrologie n’étant pas mon fort, ce n’est évidemment pas moi que je veux évoquer ici, mais un autre Jean-François, Rime le Fribourgeois, dont on va beaucoup parler ces prochains jours car il sera le candidat de l’UDC pour attaquer le siège vacant de Moritz Leuenberger. L’homme est tout sauf un candidat alibi. A 60 ans, s’appuyant sur de solides réseaux (Industrie du Bois Suisse, association des sociétés anonymes privées, assureurs, chambres économiques, milieu de la défense etc.), il a su développer sous la Coupole des amitiés dépassant largement le cadre de son parti. Loyal avec Blocher, il peut parfaitement nouer des alliances avec ses copains du PDC, du PLR et même avec certains Verts. Alors bien sûr, la fenêtre de tir pour un retour des « vrais » démocrates du centre (par oppposition à Widmer-Schlumpf) au Conseil fédéral est très mince, mais s’il y avait un seul homme capable de la pousser, c’était bien Jean-François Rime.
Meg Ryan dans “Nuit blanche à Seattle”. DR
J’avoue. Parfois, je suis horriblement fleur bleue. J’ai vu 117 fois (j’exagère à peine) “Nuit blanche à Seattle”. Juste pour Meg Ryan, même si Tom Hanks est très bien dans le film. Ah! la scène finale sur le toit de l’Empire State Building (102 étages, 381 mètres, le plus haut édifice de New York) ! Ce qu’il y a de mieux en matière de comédie sentimentale à deux balles. Mais après une semaine à 50 heures, on n’est pas toujours prêt pour du cinéma kazakh en noir-blanc, non? Eh bien ce cher gratte-ciel chef d’oeuvre de l’art-déco (construit en 1931) est en péril: le Conseil municipal de New-York étudie actuellement la construction d’un concurrent de 370 mètres et 67 étages qui menace de lui faire de l’ombre, ce que les propriétaires de l’immeuble refusent. Le nouveau building, dessiné par le bureau d’architecture Pelli Clarke Pelli, serait construit à deux pâtés de maisons de là, à l’adresse 15 Penn Plaza, près du terminal ferroviaire de Penn Station, une des gares les plus importantes au monde. Cher Michael Bloomberg, Monsieur le Maire, “siouplaît”, une pensée pour les fans de “Nuit blanche à Seattle”: ne faites pas d’ombre à Meg Ryan!
Patrick MacGoohan, “Charlot s’évade”, Werner Klemperer alias le colonel Wilhelm Klink, et Robert Redford dans “Brubaker”. DR
Je voulais évidemment revenir sur l’actu juridico-pénitentiaire de la semaine: le retour en prison de Bernard Rappaz avec la bénédiction du Tribunal fédéral. Pourtant, mon esprit s’est mis à vagabonder de façon bien plus jubilatoire. Ai revu les géniaux Clint Eastwood et Patrick MacGoohan dans “L’Evadé d’Alcatraz” (1979), où Don Siegel raconte avec tant de maestria ce qui fut peut-être, en 1962, la seule évasion réussie de l’histoire de l’île-prison fermée par Robert Kennedy l’année suivante. Et puis, qui dit MacGoohan dit “Le Prisonnier”, la série des séries dont il est le co-créateur et qui nous entraîne dans des mondes que n’auraient reniés ni Orwell ni Kafka. Par esprit d’escalier, en caricaturant à Bernard Rappaz, ai tout de suite pensé à “Charlot”! Celui qui se fiche du monde. Celui de “Charlot s’évade” (1017)…” Un souvenir et des sourires qui m’ont conduit enfin au truculent “Stalag 13″ du Colonel Klink et du sergent Schultz. Un tour sur la Toile pour me remémorer la liste de mes grands films de coeur sur la prisons et les taulards: “Le Prisonnier d’Alcatraz” (John Frankenheimer, 1962); “La Grande Évasion” (John Sturges, 1963), “Luke la main froide” (Stuart Rosenberg, 1963), “Le Reptile” (Joseph Mankiewicz, 1970), “Orange mécanique” (Kubrick, 1973), “Midnight Express” (Alan Parker, 1978), “Brubaker” (encore Stuart Rosenberg, 1980), “À bout de course” et “Tango et Cash”, (Andrei Konchalovsky, 1985 et 1989). On est loin de Rappaz? Tant mieux!
Garry Cooper dans le western de Zinnemann. DR
« Le train sifflera trois fois », magnifique western de Fred Zinnemann sorti en 1952, avec Gary Cooper et Grace Kelly. J’y pense souvent dans le calme de mon wagon, quand mon iPhone sonne pour la troisième fois en moins de trois minutes, parce que dans notre beau pays moderne au faîte de la technologie, on ne peut toujours pas téléphoner sans que ça coupe au bout de quelques secondes. Mais courage, amis du train! Il paraît que ça ira mieux demain, et ce n’est pas Annie Cordy qui le chante, ce sont les porte-parole de Swisscom et des CFF. Alors là, je suis pleinement rassuré! Pas vous?
Doris. DR
“Femme, femme, femme, fais-nous in the room / Du Prosper youpla, youpla, boum…” Du Serge Lama pur sucre, que je chantonne en suivant le feuilleton de l’été. Les trois dames du Conseil fédéral sont-elles prêtes, ja oder nein, à en accueillir deux autres en septembre pour que la Suisse devienne le premier pays riche doté d’un exécutif où siègerait une nette majorité de femmes? Eveline dit oui, mais à l’évidence parce que c’est la seule à n’avoir aucun grand parti pour la bichonner et que dans ce cas c’est toujours bien d’avoir de nouvelles copines. Micheline a d’abord dit non, puis s’est ravisée en courant à la radio affirmer haut et fort que “oui, oui, oui, elle était très-tout-à-fait-tout-plein en faveur de beaucoup de dames autour de la table du mercredi”. Doris, elle, se tait. Même quand le président de son clan essaie de lui suggérer une stratégie intéressante, mais qui l’obligerait à travailler davantage. L’important pour Doris, c’est de ne pas gaspiller son énergie, de rester la diva des pages people, d’avoir la bonne tenue quand on va en Chine voir les grands de ce monde. Moi, je dis “banco”: j’attends avec impatience l’arrivée d’Eva, de Jacqueline, de Simonetta ou de Karin. Que de bons mots en perspective! Que d’amour et de collégialité devant nous! Vous voyez, vous, Didier ou Ueli lâcher en conférence de presse un compliment comme celui qu’Isabelle Adjani fit un jour à sa collègue reine du pic à glace: “Si, si, j’aime beaucoup Sharon Stone, mais un film suffira” ?
Weah for president en 2011? DR
Des films sur les présidents, il y en a eu des dizaines, peut-être des centaines. Du côté des gogos amateurs bombardés presque malgré eux jusqu’à la fonction suprême, j’ai repensé tantôt à « Dave président d’un jour », avec le gentil Kevin Kline et la toujours troublante Sigourney Weaver. Une bonne grosse daube made in USA à l’eau de rose, tournée en 1993 par Ivan Reitman. « Dave », j’ai eu de la peine à le sortir de ma tête en lisant les dépêches internationales ces derniers jours. Mister George Weah, Ballon d’or africain qui fit les beaux jours de l’AS Monaco du Prince Albert, du PSG et du Milan AC de Berlusconi, n’a visiblement pas digéré sa défaite démocratique en 2005, dans son pays, le Libéria, où le peuple, cet ingrat, lui préféra la très compétente Mme Ellen Johnson-Sirleaf. Aujourd’hui, dans la perspective de la présidentielle 2011, Mister George a donc décidé de ratisser large et de faire alliance avec le fort recommandable parti et les hommes du « sympathique » Charles Ghankay Taylor, spécialiste du détournement de fonds publics, dix ans de guerre civile à son actif, et surtout, actuellement jugé par la Cour de La Haye. Vous savez, Taylor, le grand « démocrate » qui a filé des diamants de sang à une certaine Naomi Campbell… Je le trouvais mieux balle au pied, George Weah!
Les myrtilles, un argument touristique pour la Suède! DR
« Amistad », Spielberg, l’Amérique qui prend conscience de la nécessité d’abolir l’esclavage: bref, une overdose de bons sentiments. En revanche, l’histoire – jamais tournée évidemment – des myrtilles suédoises et sociale-démocrates, ça, c’est un synopsis qui m’enchante. Il y a quelques jours, dans l’immensité lapone, des centaines de marcheurs chinois, vietnamiens ou thaïlandais, ont ainsi entrepris une longue marche avec des pancartes sur lesquelles figuraient en grand les mots « Help! » et « S.O.S! » Ces grappes de pauvres types appartiennent aux quelque 6000 collecteurs d’airelles et de myrtilles que les agences d’intérim de Stockholm et d’ailleurs « importent » chaque année en Suède. Oui, oui, de vrais esclaves modernes, sous-payés, dépersonnalisés, traités comme des animaux, donc moins bien que les serfs de la Grèce Antique, des gars pas chers, des cueilleurs d’élite motivés pour le commerce de ces légendaires myrtilles suédoises qu’on retrouve – entre autre – dans nos « smoothie » si désaltérants. Jadis, cette cueillette traditionnelle constituait un revenu annexe précieux pour les paysans suédois les plus démunis. Puis on s’est adressé aux pauvres Finlandais voisins. Et ensuite à leurs voisins encore moins bien lotis, lettons, lituaniens, russes ou ukrainiens. Mais aujourd’hui, la mode est à l’asiatique. Nos confrères du journal « Aftonbladet » ont donc découvert sur les chemins de leur pays des hommes affamés, condamnés à chasser les oiseaux pour survivre, voire à mourir de temps à autre pour avoir dévoré crus des champignons vénéneux. Un scénario qui se déroule en 2′010 dans la prospère et socialement exemplaire Suède!
Luca entouré de ses parents. NF
Dans les milieux judiciaires valaisans, on cherche toujours qui est le fameux Janus, l’auteur anonyme de « Canines », ce roman qui relance complètement l’affaire du petit Luca (éd. Xenia). Personnellement je m’en fiche. Parfois j’ai l’impression de le connaître. Parfois pas. Seule certitude: ce n’est pas moi, même si j’envie son talent et que j’aurais été franchement fier de l’écrire. Cela dit, comme journaliste et enquêteur, je ne peux pas rester de marbre devant les questions sans réponse que soulève ce livre. Devant ce que nous disent Luca et son petit frère, de l’Italie où ils ont trouvé un refuge enfin paisible. Impossible de ne pas voir les faiblesses de l’enquête. De ne pas imaginer qu’un jour proche, justice sera faite! Une pétition signée par plus de 4000 personnes demande la réouverture du dossier, la famille et ses conseils vont faire de même, à l’appui d’éléments non prescrits. Ce serait pour le moins l’honneur de la justice valaisanne que d’y donner suite.
Vous ne trouvez pas que c’est sympa, par les temps qui courent, d’être Valaisanne ou Valaisan? Tous ces gens hors canton qui pensent à nous et distillent leurs excellents conseils amicaux… Ah! Cette chaleureuse bienveillance… Cette camaraderie bien intentionnée… Je trouve ainsi génial que les mêmes nous expliquent que les temps changent, qu’on doit cesser de nous emporter sur des sujets de société aussi futiles que nos paysages et notre faune, et que le Valais doit désormais faire comme les autres, à savoir accepter de vivre avec le loup comme avec ces jolis pylônes de la fée Electricité qui pourraient enjoliver nos coteaux. Vraiment, ça fait plaisir de se sentir appréciés, compris, soutenus… Le loup et les pylônes, c’est moderne, z’avez compris? Non? Toujours pas? Aïe! Vous ne seriez pas trop valaisans par hasard? Enfin… trop pour ceux rêvent de danser avec les loups dans une forêt de pylônes! P.S.: Notre sondage Internet affichait hier 84% d’opinions favorables à la solution d’une ligne électrique enterrée entre Chamoson et Chippis.